Depuis 40 ans que je pratique la gymnastique et d’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours vu Martine être  un pèlerin. Tel un voyageur, elle passe de salle en salle en quête de bénévoles disposées à donner de leur temps au bon déroulement de nos manifestations sportives.

Quand on sait justement que par manque de disponibilité, l’engagement bénévole par vertu citoyenne n’est plus. Qu’il a progressivement cédé sa place à un engagement guidé par la mise en valeur de soi-même. Est-ce bien nécessaire de poursuivre un tel pèlerinage? Comment le recrutement et la fidélisation des bénévoles peut-il se faire au travers des nouvelles technologies et plus précisément des réseaux sociaux?

Le bénévole, qui est-ce ?

Selon l’Office fédéral de la statistique, 20% de la population résidante permanente de 15 ans et plus se consacre à une activité non rémunérée. Celà représente 1,4 millions de personnes. Le profil type du bénévole est un homme de 40 à 54 ans au bénéfice d’un degré de formation supérieur, vivant en couple avec des enfants.

De manière globale, l’engagement bénévole se caractérise par un mélange de considérations telles que:

  • Le partage d’une cause (« faire bouger les choses avec d’autres personnes »)
  • L’altruisme (« aider d’autres personnes »)
  • L’égocentrisme (« élargir les connaissances et expériences »)

Quelles que soient les motivations, les bénévoles sont précieux. Si l’on s’attache au domaine sportif, 230 000 événements sont organisés chaque année en Suisse. Ceci correspond à 630 manifestations par jour. Sans les bénévoles beaucoup d’entre-elles n’existeraient pas.

 

Les réseaux sociaux au bénéfice du bénévolat ?

La base du bénévolat c’est : s’associer, s’engager pour des intérêts, des préoccupations communes. C’est un partage de valeurs autour de moments conviviaux, une dimension sociale entre des personnes. C’est en cet aspect que les réseaux sociaux sont des moyens idéaux.

Faire de la communication sur ces plateformes permet d’attirer, de mobiliser les gens autour d’une cause et de mettre en place un « bouche à oreille virtuel ». Faire connaître son club, ses valeurs, ses actualités, ses besoins, favorisera son attrait et augmentera sa visibilité.

Selon Jaspal Mohammed, Digital Marketing Manager « les réseaux sociaux sont des plateformes de partages d’échange et la dimension sociale joue un rôle d’autant plus important car les utilisateurs sont toujours plus réceptifs et susceptibles d’adhérer à une cause partagée par un ami ».

Une fois engagés, encore faut-il savoir fidéliser ses bénévoles. Créer un sentiment d’appartenance est indispensable. Il faut s’intéresser aux bénévoles en tant que personnes et non uniquement en tant que ressources. Donner le sentiment qu’ils font partie de l’organisme, du club, permet de maintenir l’engagement. Là également, les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant. Partager les grands moments, placer des témoignages ou faire des portraits de bénévoles sont autant de moyens qui aident à la fidélisation.

bénévoles

L’utilisation des réseaux sociaux dans les clubs locaux, un challenge ?

D’après un tour d’horizon des clubs de gymnastique du canton de Vaud (120 sociétés qui représentent plus de 20 000 gymnastes), 70% sont présents sur les réseaux sociaux et notamment Facebook.

D’après une analyse approfondie du contenu de ces pages Facebook, il s’avère qu’elles délivrent principalement de l’information pour les membres et notamment les résultats de concours. Quand on sait que les réseaux sociaux sont bénéfiques à notre problématique, pourquoi leur utilisation est-elle si limitée et pourquoi une  communication dédiée n’est-elle pas mise en place ?

Si dans mon club de sport, la raison principale est un manque de ressources et non de volonté, il en est de même à la ville d’Yverdon-les-Bains.

Selon Mme. Cachin, employée administrative au Service des sports de la ville d’Yverdon-les-Bains, « les réseaux sociaux sont essentiels pour attirer les jeunes et créer l’engouement, mais il nous manque les ressources ».

Le e-bénévolat, c’est quoi ?

Si le bénévolat a évolué, il a également changé avec les nouvelles technologies et notamment avec les réseaux sociaux. Aujourd’hui une forme alternative existe : le e-bénévolat ou bénévolat en ligne.

Traduit de l’anglais « virtual volunteering », il a vu le jour aux Etats-Unis en 1971 avec le « Projet Gutenberg ». Il s’agissait d’un effort bénévole pour numériser et archiver des ouvrages, afin de créer une bibliothèque électronique. Les livres du domaine public ont été ainsi mis en ligne, à la disposition de tous.

project-gutenberg

Le e-bénévolat, une solution adéquate ?

De manière générale, le e-bénévolat fait appel aux personnes ayant peu de disponibilité mais prêtes à partager leur bonne volonté, leurs compétences ou l’envie d’acquérir des connaissances. Il contourne les principaux freins que sont le temps ou la mobilité. En proposant une forme de bénévolat connecté, les bénévoles virtuels mènent des actions sur internet. Dès lors et si l’on reste dans le domaine des réseaux sociaux, le e-bénévolat peut prendre différentes formes comme :

  • Partager avec son propre réseau l’actualité de l’association publiée sur les réseaux sociaux
  • Commenter les publications sur les réseaux sociaux afin de susciter d’autres commentaires
  • Publier des informations en direct sur les réseaux sociaux lors d’événements
  • Encourager d’autres personnes à devenir bénévoles

Les Nations Unies ont bien compris l’importance du e-bénévolat et ont lancé leur programme en 2000. « Changez le monde par le volontariat en ligne » met en relation les ONG, les pouvoirs publics et les agences des Nations Unies avec des personnes prêtes à œuvrer  depuis leur PC, tablette ou portable. Aujourd’hui le programme compte 12000 volontaires dans 187 pays.

 

En Suisse, 25% de la population résidante de plus de 15 ans s’est engagée dans au moins une activité bénévole sur internet. Le bénévolat sur Internet est certes pratiqué le plus fréquemment par des jeunes, mais ces derniers n’en ont pas l’exclusivité. Si 40% des 15 à 34 ans sont actifs dans le bénévolat en ligne, environ 20% des 35 à 54 ans et 10% des 55 ans et plus sont dans le même cas.

e-Martine, le pèlerin de demain

Cette nouvelle forme de bénévolat représente un énorme potentiel de soutien au recrutement et à la fidélisation de bénévoles et ce même au niveau local. Même s’ils ne remplacent aucunement le bénévolat traditionnel, les e-bénévoles malgré leurs contraintes personnelles et professionnelles sont des porte-paroles adéquats. Par le partage, la publication ou l’échange d’informations, les e-bénévoles peuvent, sans aucun doute, favoriser et encourager le recrutement et la fidélisation de bénévoles de terrain.

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